• Interview Véronique Augereau - France-Soir

    Véronique Augereau double depuis vingt ans la voix de Marge Simpson dans la série événement de W9, tous les soirs à 19 h 45.

    FRANCE-SOIR. Depuis quand êtes-vous la voix française de Marge Simpson ?
    VÉRONIQUE AUGEREAU.
    Depuis le début. Les premiers essais ont eu lieu en juillet 1989. Nous avons enregistré les tout premiers épisodes six mois après. Les Etats-Unis sont actuellement à la 20e saison de la série. En France, nous en sommes à la 19e.

    A quel rythme doublez-vous les épisodes de la série ?
    Chaque saison comporte entre vingt-deux et vingt-quatre épisodes. Nous enregistrons dix épisodes par an. Soit deux épisodes et demi par journée d’enregistrement. On tient à notre confort pour conserver la qualité du résultat.

    En quoi la série a-t-elle évolué depuis vingt ans ?
    Au début de la série, les dessins étaient grossiers. Les personnages avaient les yeux globuleux, en plus de leur peau jaune. Homer avait une voix plus grave. A partir du moment où le grand-père est apparu, mon mari a dû moduler la voix d’Homer.

    Votre intonation de voix est proche de la voix américaine…
    C’est ce que l’on m’a demandé pendant les essais. On voulait savoir si je pouvais garder la même intonation sur la continuité. J’ai tout de suite répondu « bien sûr ». Mais au tout début ce n’était pas évident. Ça m’a demandé un très gros travail de la gorge. Je recommençais tant que je n’étais pas contente du résultat. J’étais très angoissée en arrivant dans les studios d’enregistrement. Je forçais ma voix comme une imbécile. Il m’arrivait souvent d’être aphone. Aujourd’hui, j’y vais les mains dans les poches…

    Doubler Marge depuis aussi longtemps, cela ne vous a-t-il jamais posé de barrières ?
    Non. Je suis une comédienne privilégiée. J’ai la chance de doubler des pointures. Pour chaque rôle, je mouille ma chemise. Lorsque je fais Jamie Lee Curtis dans Freaky Friday, je prends son attitude physique. Il faut acquérir la même respiration qu’elle, s’oublier totalement. Et surtout être humble…

    Etant comédienne, n’est-on pas frustrée de ne pas être à l’écran ?
    Non. On a moins de contraintes lorsque l’on travaille dans l’ombre. Pendant un an, à la sortie du film, on a été très médiatisés. On a vécu tout cela de façon très intense. Mais on a toujours veillé à garder les pieds sur terre.

    La France est une pointure en matière de doublage…
    C’est vrai. Contrairement à d’autres pays qui font le doublage à l’oreille, en France on a des bandes rythmo qui se déroulent sous l’écran avec le texte français. Et puis les chaînes s’intéressent de plus en plus aux enregistrements. Il y a un très bon travail fait en amont…


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